vendredi, juin 3 2016

Comment faire plaisir à son vieux prof...

L'enseignement ne doit pas, ou ne devrait pas être juste un métier. Pour que ça marche, il faut que ce soit une vocation. Il faut aimer transmettre ce que l'on sait, il faut aimer faire le clown sur scène pour capturer et conserver l'attention d'un auditoire pas toujours à ce qu'il fait... Un enseignement réussi, pour moi, c'est tout simplement du théâtre. Il faut s'amuser, et alors les étudiants s'amuseront aussi. C'est d'ailleurs pourquoi la manière de transmettre est certainement plus importante que la matière transmise.

Les systèmes d'exploitation n'ont jamais été une matière favorite pour moi, et pourtant je me suis amusé comme un fou à en parler pendant plus de 10 ans...

Pour bien enseigner, il faut aimer transmettre ce que l'on sait, donc, mais il faut aussi avoir l'aplomb de ne pas transmettre ce que l'on ne sait pas. Croyez-moi, les étudiants ne sont pas dupes d'un prof qui brode laborieusement pour faire semblant de savoir répondre à une question. Au contraire, en répondant « je ne sais pas » quand c'est tout simplement la vérité, on continue à transmettre, mais autre chose. On transmet l'idée qu'aucun humain n'est infaillible, que l'on ne sait jamais tout sur tout. On transmet l'idée que même un prof est susceptible de passer à côté de choses importantes (quand on est enseignant-chercheur de surcroît, on ne le sait que trop bien !). On peut aussi du même coup transmettre l'idée que la curiosité est une qualité, que les questions sont au moins aussi intéressantes que les réponses, et, cerise sur le gâteau, transmettre un sentiment gratifiant de respect et de considération envers l'étudiant qui pose une question pertinente, voire pointue. On ne gagnera jamais le respect de son auditoire en faisant semblant de tout savoir. Le respect (et par voie de conséquence, l'autorité) se gagne en étant soi-même.

Mais je m'égare, car mon objectif n'était pas du tout celui-ci quand j'ai commencé à écrire ce blog... Comment faire plaisir à son vieux prof ? En fait, c'est très facile: si un prof a mis tout son coeur à faire le clown sur scène pour transmettre en s'amusant, rappelez-vous tout simplement de la pièce de théâtre, et dites-lui que vous avez aimé !

Il y a un an jour pour jour, je postais le message qui suit sur Facebook.

<style="journalistique">

Rien ne laissait présager alors du flot de commentaires chaleureux qui s'en suivirent, et de l'émotion qui me rempli à l'intérieur de moi-même...

</style>

Il n'en faut pas beaucoup pour combler son vieux prof de joie. Facebook m'a ressorti ce post aujourd'hui, et afin d'éviter qu'il se perde à nouveau dans un océan d'autres messages, j'ai décidé d'en sauvegarder précieusement la substantifique moelle ici...

 

Et voilà, c'est officiel. Après plus de 10 ans de bons et loyaux services, je passe définitivement la main sur le cours de Systèmes d'Exploitation. Mais pour compenser, il y aura dès la rentrée prochaine un cours de Programmation Fonctionnelle enrichi, et un nouveau cours (surprise pour l'instant) !

  • Au moins 13 ans, je t'avais en cours en 2001 sur cette matière.
  • J'ai like, mais non je ne devrais pas...
  • Ça me fait tout drôle quand même !
  • Oh noooo !
  • Une grande perte pour les 2018 ... Jamais ils ne connaîtront Auguste Pignard ou encore les processus découpés comme des saucissons ... :(
  • J'essaye de recycler mes blagues les plus célèbres dans le cours de fonctionnel, mais faut dire que c'est beaucoup plus difficile...
  • Et les enfants sur le tourniquet qui se font dégager dans le "round robin"
  • Putain, mais arrêtez les mecs, vous allez me faire regretter !!
  • Et les chèques de Montgallet ... Si on tue son père on devient un Démon... :'(. Sans oublier la méthode Bayrousienne ...
  • Ça y est. JE VEUX CONTINUER CE COUUUUUUURS !!! On se marrait tellement !
  • C'était l'un des rares moments de joie et de bonheur au S1 :(
  • Et la mamie avec ses courses... et les centaines de mamies avec UNE course !
  • Oh mon dieu j'avais oublié les pénuries :'(
  • C'était un très bon cours et en effet dommage que ça s'arrête. Mais il y a un temps pour tout! Bonne continuation a toi Didier.

Alors mes chers anciens élèves, je vous promets de continuer à faire vivre par tous les moyens possibles, Auguste Pignard, François Bayroux, la p'tite vieille avec son paquet de biscottes, les enfants qui se font éjecter du tourniquet et les rondelles de saucisson. Je promets également aux générations futures d'inventer de nouveaux personnages rigolos, afin que transmission continue à rimer avec théâtre (ah merde, ça rime pas en fait).

Merci à tous du fond du coeur; je vous aime !

mercredi, novembre 18 2015

Petite note amicale d'assistance à nos média en détresse

Chers média,

je vois bien que vous avez du mal à gérer les crises. Alors voici quelques conseils amicaux. Analysez vos émissions en direct. Si vous détectez:

  • l'emploi exclusif du conditionnel,
  • l'usage permanent de formules telles que « à confirmer », « avec beaucoup de précautions », « selon les dires de » ou encore « d'après un passant »,
  • l'apparition au sein de la même phrase de « nouvelles informations » et de « la situation n'a pas evolué »,
  • le passage en boucle pendant 2 heures des mêmes 10 secondes de séquences audio ou vidéo,

alors, c'est que vous faites de la merde.

Mesures d'urgences à prendre immédiatement: coupez votre antenne.

Merci, et bonne chance !

mercredi, mai 13 2015

Retour

J'aime mes retours solitaires en vélib jusqu'à chez moi, après un bon concert.

Sortir vite du club avant d'être souillé par cette bande son trop forte qu'ils se croient obligés de nous déverser, la dernière note de musique à peine éteinte. Sortir vite pour retrouver le silence du Paris nocturne et désert. Profiter encore un peu, dans le calme, de ces étoiles de musique qui scintillent dans nos oreilles, avant qu'elles ne s'éteignent complètement.

Prendre un vélo, et rouler face au vent. Depuis le New Morning ou la rue des Lombards, c'est tout droit jusqu'à chez moi. Une petite demi-heure pour digérer doucement les rythmes, mélodies et improvisations de la soirée. Traverser la Seine, se faire masser un peu brutalement par les pavés des vieilles rues, admirer Notre Dame baignée de lumière, la Fontaine Saint Michel, frôler le jardin du Luxembourg...

Foncer un peu dans les descentes, prendre son temps dans les montées, s'arrêter trop longtemps aux feux pour s'imprégner des lueurs de la ville obscure.

Et puis, arriver à destination, et se rappeler soudainement que la station de vélib est en travaux, et que l'on ne peut pas se garer...

lundi, janvier 12 2015

Kalach-Nikon

En amplifiant à outrance les actes terroristes, nos médias irrespondables se rendent complices de ces mêmes actes qu'ils prétendent dénoncer... Voici le « Kalach-Nikon ». Un outil moderne au service des journalistes d'aujourd'hui.

Kalachnikon

Charlie's Angels

Allez, avant d'aller au lit, voici ma petite contribution personnelle à la poilade ambiante... Charlie's Angels.

Charlie's Angels

samedi, janvier 10 2015

Réfléchissez avant de signer

Le 7 Janvier, j'étais comme tout le monde: en pleurs, choqué avec la rage et l'envie d'aller crier dans la rue.

Le 8 Janvier, je me prononçais contre les manifestations publiques en tout genre, expliquant que cela ne servirait aucune cause utile mais au contraire celle des terroristes.

Le 9 Janvier, j'ajoutais que tous ces élans d'unité et de solidarité affichés étaient tout sauf humanistes, et je m'agaçais de tous ces appels symboliques à la lutte, ainsi que de leur couverture médiatique.

Aujourd'hui, le 10, je trouve avec bonheur un allié inattendu et de poids qui renforce encore ma conviction de ne pas manifester et de ne signer aucune pétition. Cet allié, c'est Luz lui-même, dessinateur à Charlie Hebdo et rescapé de la tuerie pour être arrivé en retard ! Voici une interview de lui qu'il faut lire absolument, mais pour les gens pressés, je cite ci-dessous quelques uns des passages les plus éloquents et proches de ce que je pense de la gestion actuelle de cette crise (gestion à la fois humaine et politique) dans les articles sus-cités.

On fait porter sur nos épaules une charge symbolique qui n’existe pas dans nos dessins.

Les médias ont fait une montagne de nos dessins alors qu’au regard du monde on est un putain de fanzine.

ce sont des gens qui ont été assassinés, pas la liberté d’expression.

on est un journal, on l’achète, on l’ouvre et on le referme. Si des gens postent nos dessins sur Internet, si des médias mettent en avant certains dessins, ce sont leur responsabilité. Pas la nôtre.

On doit porter une responsabilité symbolique qui n’est pas inscrite dans le dessin de Charlie. [...] Charlie se bat contre le symbolisme.

Au final, la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé : détruire les symboles, faire tomber les tabous, mettre à plat les fantasmes. C’est formidable que les gens nous soutiennent mais on est dans un contre-sens de ce que sont les dessins de Charlie.

Cet unanimisme est utile à Marine Le Pen pour demander la peine de mort.

Le symbolisme [...], tout le monde peut en faire n’importe quoi. Même Poutine pourrait être d’accord avec une colombe de la paix.

Répondre à la symbolique par la symbolique, ce n’est pas Charlie.

Après, il y a ce grand élan. Mais dans un an, que restera-t-il de ce grand élan [...] sur la liberté d’expression ?


Tout est dit je crois.

Les terroristes nous livrent une guerre de symboles. En leur répondant symboliquement, on se place sur leur terrain. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire. En allant manifester, en signant comme des moutons cette pétition qui circule, on ne fait avancer aucune cause concrète sinon la leur. Alors, s'il vous plaît, réfléchissez avant de signer...

vendredi, janvier 9 2015

Nathalie Saint-Cricq, vous avez tord

Nathalie Saint-Cricq, vous avez tord. Selon vous (citation approximative):

Il est important d'envoyer un message d'unité très fort aux terroristes, et cela passe par des rassemblements massifs et par l'image.

On ne saurait être plus à côté de la plaque.

Croyez-vous que face à un attentat terroriste, l'unité de la nation dans la défense de ses valeurs soit si peu évidente qu'elle doive être l'affirmée ? Croyez vous vraiment que les terroristes aient quelque chose à faire de nos messages symboliques d'unité ? Si tel était le cas, pensez-vous sérieusement qu'ils aient la capacité intellectuelle de les comprendre ? S'ils les comprenaient, imaginez-vous un seul instant que ça les arrêterait ?

Ne pensez-vous pas au contraire que ces messages (manifestations, pétitions etc.), si tant est qu'ils soient pris en compte, ne peuvent être perçus que comme une résistance conduisant à renforcer leur détermination ? Et ne comprenez-vous pas qu'en passant sans cesse par l'image, vous vous rendez complice des terroristes, soit en propageant l'angoisse à leur place, soit simplement en leur offrant sur un plateau ce dont ils rêvent: une couverture médiatique globale pour des actes isolés ? Vous et vos confrères êtes surtout des amplificateurs à terroristes.

Au fond, Nathalie Saint-Cricq, rappelez-vous simplement du 11 Septembre, des élans d'unité et de solidarité qu'il a suscité, et de la couverture médiatique qui a suivi. Trouvez-vous aujourd'hui que cela ait en une quelconque manière contribué à ce que le 11 Septembre ne se reproduise pas ? Comment peut-on être aveugle à ce point ?

Nathalie Saint-Cricq, il faut surtout que vous vous taisiez maintenant. Nous avons besoin de silence et de flegme.

Sommes-nous vraiment humains ?

Attention: cynisme inside™…


Après avoir expliqué pourquoi je me fais violence pour ne pas participer aux manifestations de soutien à Charlie Hebdo, je m'interroge ici sur le caractère « profondément humain » de celles-ci. C'est en effet ce que l'on entend beaucoup ces jours-ci: tous ces témoignages de soutien, cette union nationale, cette solidarité sans faille et affichée, c'est beau et ça redonne confiance entre notre humanité. Vraiment ?

Certes c'est beau et on a tous envie d'en être. Mais je ne vois pas comment cela peut nous redonner confiance, ni en quoi d'ailleurs. Et d'abord, qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire, être « humain » ? Si la notion d'humanité avait vraiment un sens, elle ne pourrait signifier qu'une chose: notre humanité est ce qui nous différencie des autres animaux. En l'occurrence, ce serait surtout d'humanisme qu'il 'sagirait: être prétendument en pleine possession de grandes capacités intellectuelles. Et c'est là que le bas blesse. Il me semble que l'Art (et non le rire) est le propre de l'Homme, mais ce doit être à peu près tout. En tout cas, l'avalanche de bons sentiments à laquelle on assiste aujourd'hui, et qui, comme d'habitude, promet d'être d'assez court terme, ne me semble être en aucun cas une preuve d'humanité, ni d'humanisme non plus.

Au contraire, je crois que c'est notre animalité, notre empathie instinctive de mamifère envers notre groupe qui s'exprime. Et notre groupe seulement d'ailleurs. A-t-on vu un tel soulèvement en France (ou à l'étranger) pour les guerres en Afrique ou le massacre des Tibétains ? Ça, ç'aurait peut-être été humain.

Y a-t-il vraiment matière à être optimiste et à avoir confiance en nous, quand on voit qu'équipés du cerveau dont on dispose, et après 2000 ans de soit-distante civilisation, nos instincts les plus bas sont toujours là et continuent de s'exprimer ? Aujourd'hui le monde s'insurge pour la liberté, mais depuis ces 2000 ans, a-t-on réglé les problèmes d'égalité et de fraternité ? Si on avait eu l'humanité de le faire, il n'y aurait pas de terroristes aujourd'hui. Et je trouve que ça, à l'échelle de l'espèce, c'est bien plus grave que 12 tués par 3 décérébrés.

Je ne pense pas que les humains soient fondamentalement mauvais. Mais je ne pense pas non plus qu'ils soient particulièrement bons. Nous ne sommes ni bons ni mauvais, juste des animaux, certains meilleurs, certains pires. Notre soit-disante humanité, c'est juste une blague de la Nature. Une petite couche supplémentaire dans l'évolution de l'espèce qui, comme toutes les autres, est une arme à double tranchant. Elle nous permet d'être meilleurs que les autres animaux (nous avons la science, dont la médecine) et pires (nous avons des terroristes, le tiers-monde, des dictateurs, et David Guetta). Le chat de mon voisin se fout complètement qu'un autre chat en Afrique crève de faim. Mais il n'est pas équipé pour. Nous si. Et qu'en a-t-on fait ?

Bref, pour moi, tous ces élans d'indignation, de solidarité, d'unité, de soutien, c'est très beau (et encore une fois, j'y ai participé comme tout le monde) mais ça n'a rien d'humain. C'est juste notre instinct animal à l'oeuvre. Ce qui aurait été humain, c'est de traiter une fois pour toutes les racines du mal: la misère, l'inculture, l'inégalité, l'indifférence. Tant que ces problèmes ne seront pas réglés, nous ne seront pas humains à l'échelle de l'espèce. Nous serons juste des animaux, et il n'y a pas de quoi être fiers, ni avoir confiance.

jeudi, janvier 8 2015

Le silence et le flegme

L'empathie est une fonction inversement proportionnelle à l'éloignement (que la distance considérée soit géographique, culturelle ou quoi que ce soit d'autre). L'on ne voit pas des dizaines de milliers de personnes se réunir place de la République à chaque fois qu'un petit Africain meurt de faim ou qu'un petit enfant est mis en esclavage pour nous fabriquer des pulls à 5€. D'accord, ces violences là ne sont pas événementielles, pas non plus symboliques, et n'ont pas la couverture médiatique d'un attentat contre un journal satyrique. Mais pour autant qu'on les connaissent, elles nous choquent moins, ou alors on y est juste habitués.

C'est dans la nature humaine. Nous sommes d'autant plus choqués que ce qui est atteint nous est proche. Notre famille, nos amis, notre culture, nos valeurs, nos symboles. Il est d'autre part difficile d'imaginer une société dans laquelle chaque mort d'enfant Africain signalé dans les médias déclencherait des manifestations de soutien à travers tout le pays...

Alors, je vous propose d'imaginer l'inverse. Un petit exercice intellectuel.

Imaginons une société silencieuse. Une société dans laquelle chaque média aurait en tout et pour tout consacré 5 minutes à l'attentat de Charlie Hebdo:

Un attentat s'est produit ce matin à 11:20 dans les locaux du journal satyrique Charlie Hebdo. 3 hommes armés on fait feu et tué... bla bla. Point final.

Imaginons une société dans laquelle personne n'aurait filmé le meurtre en direct du policier à terre. Imaginons une société dans laquelle personne n'aurait regardé et encore moins distribué ou partagé cette vidéo, qui de toute manière n'existerait pas. Imaginons une société dans laquelle aucun utilisateur de Facebook n'aurait changé la photo de son profil. Imaginons une société dans laquelle personne ne serait allé manifester place de la République, ou les proches des victimes se seraient réunis dans l'intimité pour partager leur souffrance.

Imaginons simplement une société flegmatique dans laquelle l'attentat n'aurait soulevé aucune vague médiatique ni populaire, mais où les gens auraient simplement partagé encore plus que d'habitude les dessins de Cabu et des autres, dans le silence... Je rêve de voir une telle société, et je serais curieux de savoir si le terrorisme y ferait aussi long feu que dans la nôtre.

Aujourd'hui, j'ai pleuré devant mon écran et j'ai changé la photo de mon profil Facebook. je n'y peux rien, j'ai été choqué. C'est dans la nature humaine. Mais ce soir, à minuit, j'ai restauré mon ancienne photo et je ne crois pas que j'irai manifester Samedi. Je ne suis pas du tout croyant, mais si les morts vivent toujours, ils n'ont pas besoin que je sois dans la rue pour savoir que je pense à eux et que j'ai pleuré pour eux devant mon écran. Les familles des victimes ont leurs proches.

Mais les terroristes dans tout ça. Quel effet peut bien leur faire le déferlement médiatique et populaire qu'a suscité leur barbarie ? Vont-ils être effrayés par une telle foule clamant « même pas peur » et arrêter tout suite les attentats ? Ou bien vont-ils être d'autant plus fiers de leur coup qu'il y aura de monde dans la rue et devant les journaux télévisés ? Pourquoi leur offrir gratuitement la couverture médiatique dont ils rêvent ?

C'est une leçon élémentaire que nous apprenons à nos enfants: si ton frère t'emmerde (ce n'est pas du sexisme, c'est du vécu :-), ignore-le au lieu de réagir. Tu verras, au bout d'un moment, il va se lasser. Malheureusement, il est plus difficile d'ignorer les agressions que d'y répondre. Je me suis fait violence pour restaurer la photo de mon profil Facebook et je vais devoir résister à l'envie d'aller dans la rue Samedi. Mais je pense que c'est la seule attitude vraiment saine à adopter. Le silence et le flegme. Ça, et continuer à partager plus que jamais les dessins de Cabu et des autres, car les terroristes ont tué des gens, mais ils ne pourront jamais tuer la liberté d'expression.

mercredi, janvier 23 2013

Ensemble, unissons-nous pour mot-dire le maux-dièse !

Aujourd'hui, le buzz est intense sur Twitter. Le Journal Officiel nous annonce la naissance d'un nouveau néologisme: le « mot-dièse », censé remplacer l'utilisation du terme « hashtag » de Twitter. Dire que c'est un néologisme n'est sans doute pas assez fort. Il serait, en l'occurrence, plus juste de parler d'idiologisme tant ce nouveau terme est absurde (cela dit, avec « Mél. » et tous les autres, on commence à être habitués).

Tout d'abord, il est très amusant de constater que contrairement à « hashtag », le « mot-dièse » n'en est pas un, puisqu'il contient un tiret. Les « experts » de la CSTIC témoignent donc à nouveau d'une grande maîtrise de leur sujet...

Ensuite, il est tout aussi amusant de constater que le « hash » de « hashtag » n'est pas un dièse, mais un croisillon. Les « experts » de la CSTIC témoignent donc à nouveau d'une grande maîtrise de la typographie...

Mais à mon sens, ce n'est pas le plus grave.  Le vrai problème de « mot-dièse », c'est l'absence totale de sémantique. En anglais, « hashtag » a une signification très forte. D'abord, « tag » ne veut pas dire « mot » mais « étiquette ». Ce n'est pas pareil. Il y a l'idée de marquage dedans. Ensuite, n'oublions pas que « hashtag » provient du jargon informatique, dans lequel « hash » est aussi très connoté. Hasher (du français « hacher », au passage), c'est classifier. Une « table de hashage » (hash table en anglais) est une structure de données associative permettant de retrouver de l'information à partir d'une clé. La fonction qui implémente ce processus est la « fonction de hashage » (hashcode en anglais).

Et pour finir, n'oublions pas que « to hash », en anglais toujours, signifie également discuter à fond d'un sujet.

En résumé, « hashtag » a une très forte sémantique, et tout à fait adaptée à son usage de surcroît. C'est une « étiquette de classification ». Je mets au défi quiconque de me trouver un sens intelligible à « mot-dièse ». Pourquoi ne pas tout simplement parler de « marqueur » ou d'« étiquette » ? Encore plus simple: « mot-clé ». Encore plus simple: « hashtag »...

« Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. » Telle est la devise Camusienne de la CSTIC. Je crois donc que tout s'éclaire maintenant. Pour ajouter au bonheur du monde, débarassons-nous tout simplement de ces clowns.

Ensemble, unissons-nous pour mot-dire le maux-dièse !

jeudi, mars 8 2012

De la motivation des hommes politiques

Si vous faisiez de la politique à cause d'un sens civique aigü, par volonté d'implication dans la collectivité, car vous aimez rendre service, ou même par esprit patriotique, vous pourriez dire quelque chose comme ça:

Si je suis battu à la présidentielle, je continuerai à servir mon pays du mieux que je peux, en étant ministre, conseiller, député, maire ou quoi que ce soit d'autre.

Si par contre vous n'en aviez rien à foutre des gens (sauf de vos amis), et que vous faisiez de la politique pour le pouvoir, la notoriété, l'argent, le luxe, alors on comprend bien que vous auriez du mal à redescendre du plus haut barreau de l'échelle. Du coup, vous pourriez dire quelque chose comme ça:

Si je suis battu à la présidentielle, alors je changerai complètement de vie. Vous n'entendrez plus parler de moi.

dimanche, mars 4 2012

Tamura Senseï: un regard...

Ce week-end commémoratif est une bonne occasion de finalement mettre par écrit un souvenir de Tamura Senseï, que je garde comme une marque indélébile de son passage sur Terre, parmi nous. Si je devais n'en garder qu'un, ce serait très certainement celui-là. Ce souvenir, c'est celui d'une seconde. D'un regard. De son regard...

Cela se passait lors d'un stage où comme à l'habitude, les pratiquants étaient très nombreux, rendant difficile l'approche du maître. Le stage avait débuté une heure auparavant, et je pratiquais donc depuis quelques minutes le dernier mouvement proposé, lorsque, mon partenaire s'effaçant, je découvris Tamura, derrière lui, le regard fixé sur moi. Cette « rencontre » ne dura sans doute pas plus d'une seconde, et Senseï continua sa route, sans m'adresser la parole, sans m'encourager, sans me corriger, cheminant simplement entre les pratiquants, laissant derrière lui un sillage familier de respect et d'admiration.

Ce fût le seul contact que j'eus avec lui durant ce stage. Et pourtant, depuis, je m'interroge...

Qu'avait-il voulu dire avec ce regard ? Que je pratiquais particulièrement bien ? Sans doute pas. Que je pratiquais particulièrement mal ? J'espère que non ! Bien que cette réponse soit plus probable que la précédente... Que j'étais mal fagoté ? Qu'il aimait bien le petit noeud Zen que je fais avec la ceinture de mon Hakama ? Avait-il seulement voulu dire quelque chose ?

En Aïkido, on dit que le regard doit porter au delà de son partenaire. Je me souviens du regard de Senseï, de son intensité, comme d'une lance qui vous traverse. « Traverser » n'est d'ailleurs pas le mot juste. « Transpercer » serait plus approprié, car le regard de Tamura était tellement profond qu'il laissait, tel le Yari, une empreinte ravageuse derrière lui. Un gouffre d'incertitude et d'interrogation à jamais ouvert.

Qu'avait-il voulu dire avec ce regard ? Aujourd'hui, je crois que la réponse n'a pas d'importance, car ce qui compte, c'est la question elle-même, et ce qu'elle déclenche. L'incertitude et l'interrogation. L'Aïkido est une attitude de tous les instants, une démarche personnelle, une voie plutôt qu'un objectif. Si l'on devient sûr, si l'on arrête de s'interroger, on perd la voie. C'est ce que Senseï m'a rappelé pour toujours, par un regard d'une petite seconde. Il est important de préciser qu'incertitude et doute sont deux choses différentes. Dans un contexte martial, le doute et l'hésitation sont mortels. Senseï les comptait d'ailleurs parmi les "plus grands enemis du Budo". Mais Senseï disait également:

"N'oubliez pas qu'à l'instant où surgit l'idée que votre technique est bonne, tout progrès cesse."

C'est de cette forme d'incertitude dont je parle ici. Celle qui entraîne le progrès.


Au delà de toute considération mystique ou religieuse, comment peut-on définir la vie ? J'aime à penser que la vie de l'Un se définie en termes de trace laissée sur l'Autre. Quelqu'un ayant vécu en autarcie dans une tour d'ivoire depuis sa naissance ne serait vivant pour personne (pas même pour lui). Par opposition, et malgré sa disparition physique, Senseï vit toujours dans l'empreinte qu'il a laissé en chacun de nous. Chaque fois que je pratique (et même lorsque je ne pratique pas), je repense à ce regard d'une seconde, et je vacille à nouveau sur mes bases, remettant en cause tout ce que je crois savoir, et mon Aïkido change à nouveau et encore, espérons pour le meilleur. Tant que ce souvenir persistera (et je sais qu'il ne s'effacera pas), Tamura Senseï continuera d'influer sur ma pratique, et par la même continuera d'exister. En une seconde d'intensité inouïe, il s'est offert une part d'éternité dans mon esprit.

En quittant le monde physique, Senseï a laissé un vide, mais pas n'importe lequel. Ce vide, c'est celui qui créé l'incertitude et la remise en question qui doit nous habiter en permanence si nous voulons constamment nous améliorer dans notre pratique. Ce vide, c'est aussi celui qui créé le déséquilibre. C'est celui que nous devons apprivoiser afin de l'offrir à Aïte. C'est cette petite part d'Ura qui doit exister dans Omote.

jeudi, décembre 22 2011

Mettez Pierre en Weill (svp)

Pierre aurait mieux fait de la mettre en Weilleuse cette fois-ci (vivement les vacances hein?). Le Worst Of de la question journalistique 2011 lui revient très certainement avec son interview de Nathalie Arthaud,dans laquelle il lui demande de but en blanc si en tant que porte parole de Lutte Ouvrière, elle défend l'idéal communiste promu par Kim Jong-Il.

Les bras lui en sont tombés, à cette pauvre Nathalie, et les miens aussi d'ailleurs. Quel besoin avait-il, lui qui d'ordinaire est un journaliste tout à fait appréciable, de recourir à une question aussi idiote, insultante, stérile et outrancièrement polémique ?! Ça ne lui ressemble pas. Mettons cela sur le compte de la fin de l'année...

dimanche, octobre 2 2011

Ha kama, ou ha pas kama ?

Il y a des gens qui ont Hakamaille à partir avec l'habillement. Entendu récemment dans un stage (citation approximative):

Si le Hakama vous gêne pour pratiquer, il n'y a pas de mal à le remonter, hein. Dans une séance d'Aïkido, il y a plusieurs parties. Pour le protocole, on est bien habillé, on fait attention à sa tenue etc., et pour le travail, on peut être plus laxiste.


Une attitude assez douteuse pour peu qu'on la replace dans le contexte d'un Budo traditionnel. Tout d'abord, la logique est assez étonnante. Entendons-nous bien: on porte le Hakama parce que l'on fait de l'Aïkido, mais le Hakama nous gêne, alors on le remonte. Curieux non ? Ma logique personnelle serait plutôt de considérer que si notre Hakama nous gêne tant que ça, et bien il n'y a qu'à pas le mettre du tout.


Ensuite, je ne savais pas qu'il y avait plusieurs parties  dans une séance d'Aïkido, et que l'on pouvait être habillé différemment selon l'heure exacte. Pour moi, l'Aïkido, c'est un tout. Quand on monte sur le tatami (et même bien avant), on est déjà dans la pratique. Quand on en sort, on y est encore. On ne le dira jamais assez, un Budo, c'est une attitude de chaque instant. Par exemple, le protocole pour le protocole, c'est complètement idiot. Le protocole devient intelligent quand on sait pourquoi on le fait, que l'on y met du sens. Saluer le Kamisa, c'est déjà de la pratique: c'est souffler en rejoignant le sol, être prêt, malgré le mouvement, à dégainer à tout instant. Saluer en montant sur le tapis, c'est pareil. Se relever depuis la position de Seïsa, c'est encore la même chose. Afin de préserver le sens profond de notre  pratique, on doit comprendre que l'Aïkido est un tout et que chaque détail contient tout l'Aïkido.


Enfin, il me semble également que remonter le Hakama parce qu'il gêne, c'est pratiquer l'Aïkidautruche. Si l'on accepte que l'Aïkido est dans chaque détail, alors on doit aussi accepter que chaque détail problématique est une occasion de s'améliorer. À moi aussi, il m'arrive encore aujourd'hui d'être gêné par mon Hakama (et d'ailleurs je connais parfaitement les circonstances dans lesquelles il me gêne encore). Mais plutôt que de masquer le problème, je choisi d'y faire face. Quand mon Hakama me gêne, j'y vois une indication que ma posture a besoin d'être perfectionnée et j'écoute ce qu'il me dit, pour continuer sans cesse d'avancer sur la "Voie".


Parce qu'ils nous "gênent", le Hakama, le Bokken, le Tanto, le Jo, sont autant de Senseï que nous nous devons d'écouter avec beaucoup d'attention.

jeudi, septembre 29 2011

Fourmidoka

Depuis quelques temps, dans certains dojo d'Aïkido, l'on voit se répandre une nouvelle mode dont le but semble être de se départir le plus possible du port du traditionnel Obi. En effet, un tout autre type de ceinture prolifère ces derniers temps: une ceinture très étroite, toute rigide et bardée de Kanji jaunes, verts ou roses fluo aux deux extrémités. Selon toute vraisemblance, il devrait s'agir à l'origine de ceintures pour surfeurs, fabriquées par Quicksilver et détournées de leur usage initial à des fins martiales. En toute logique, la prochaine étape devrait permettre de remplacer la Tsuba de vos armes par une queue de raton-laveur.

Plus étonnant encore, il semble être de rigueur de laisser dépasser, bien en vue, lesdites extrémités brodées de la ceinture de chaque côté du Hakama, un peu comme les deux antennes d'un insecte familier. On notera également que cette nouvelle pratique d'habillement ne concerne que les ceintures noires. De là à y voir une volonté explicite d'exhiber son ancienneté, il n'y a qu'un pas aisément franchi.

Cette dégénérescence du Obi devenu « hobby » abouti tout naturellement à l'apparition d'une nouvelle variété de pratiquant, que l'on pourrait qualifier de « fourmidoka ». Les voilà en effet, sur invitation de leur reine, qui s'agitent frénétiquement sur le tata-four-mi, libérant leurs phéromones et frottant leurs petites antennes à chaque occasion, histoire de bien se reconnaître...

Plus sérieusement, et d'un point de vue strictement martial, ce port de ceinture a de quoi surprendre. D'un guerrier, l'on attend avant toute autre chose qu'il évite de donner le bâton pour se faire battre. L'attitude martiale implique en priorité d'avoir une conscience exacerbée de sa propre posture, et de ce qu'elle offre à l'adversaire. Pourtant, l'on ne peut s'empêcher de voir, en chacun de ces appendices tissulaires, une occasion supplémentaire de saisie, et par la même autant de points d'ouverture et de faiblesse qui ne demandent qu'à être exploités par un partenaire consciencieux, qu'il soit Uke ou qu'il soit Tori. Si à l'époque, O Senseï coupait symboliquement les têtes mal positionnées, il aurait eu aujourd'hui nombre de Hakama à déchirer d'une simple traction de ceinture.

Si le concept de « fourmidoka » est ici présenté sous un jour anecdotico-humoristique, c'est cependant par ce genre de petits détails, et plus précisément par leur accumulation, que l'on peut constater avec inquiétude un éloignement progressif du sens profond de la pratique de l'Aïkido. En tant que philosophie de vie, l'Aïkido est une attitude de tous les instants. Il ne commence ni ne s'arrête à la seule exécution d'un exercice technique sur un tatami. C'est à nous, pratiquants, dans nos dojo respectifs, de veiller à  préserver le sens profond de notre pratique, en étant attentif à chaque détail. Si nous échouons, c'est un Aïkido dégénéré, qui aurait mal au « do », que nous finirons par pratiquer, et dans lequel le seul moyen technique serait perverti pour devenir une fin en soi.

mardi, juillet 12 2011

Unissitude

Alors pour que tout soit bien clair, dans l'Aïkido, il y a des dojo, des associations de dojo, des ligues d'associations de dojo et des fédérations de ligues d'associations de dojo. Ah tiens, il y a aussi l'ENA (l'École Nationale d'Aïkido) mais ça c'est encore un autre truc totalement orthogonal aux autres (trucs) et je passe sur ACNA, GHAAN, Iwama Ryu, Shodokan et Kyudo.

Aujourd'hui, j'ai découvert qu'il existe l'UFA: l'Union des Fédérations d'Aïkido. Et tout de suite, je me suis fait la réflexion qu'il faut à tout prix assainir cette organisation de l'Aïkido en France. On manque cruellement de GUFLADA (Groupements d'Unions de Fédérations de Ligues d'Associations de Dojo d'Aïkido) et de RGUFLADA (Rassemblements de Groupements d'Unions de Fédérations de Ligues d'Associations de Dojo d'Aïkido).

Bon, ben il y a du pain sur la planche...

lundi, mai 2 2011

Y a-t-il Justice dans la Vengeance ?

Sur le site de l'Élysée, l'on peut trouver l'annonce suivante concernant la mort de Ben Laden.

L'annonce par le Président OBAMA de la mort d'Oussama Ben Laden à la suite d'une remarquable opération de commando américaine au Pakistan, est un événement majeur de la lutte mondiale contre le terrorisme. La France salue la ténacité des États-Unis qui le recherchaient depuis 10 ans.

Cette opération est effectivement "remarquable" en ceci que la Super-Puissance Mondiale Auto-Proclammée a donc eu besoin de 10 ans pour retrouver un seul homme, terré dans un trou à rat. Sans que cela semble entraîner une quelconque remise en question des pouvoirs politiques en place, qui continuent à s'auto-congratuler. J'aimerais aussi que l'on m'explique en quoi cet événement est "majeur", ou comme il est dit plus loin, qu'il s'agit d'un "échec historique" du terrorisme. Symbolique, certes. Majeur dans l'esprit des victimes, sans doute. Mais avec un minimum de connaissance sur le fonctionnement des cellules terroristes ayant opéré sur les dix dernières années, qui peut croire aujourd'hui que la mort de Ben Laden va changer quoi que ce soit dans la lutte anti-terroriste ?

Plus loin, et plus inquiétant, on peut lire:

Pour ces victimes, justice est faite.

Donc en 2011 en France, la justice consiste à envoyer un commando d'élite assassiner un homme. J'ai tout d'abord cru qu'il s'agissait d'une reprise bête et méchante du discours d'Obama, mais ce soir, François Fillon en a remis une couche au JT de France 2. D'ailleurs, cela ne semble pas choquer les journalistes non plus. Jusqu'à aujourd'hui, je croyais innocemment que tuer un homme parce qu'il en avait tué d'autres relevait de la vengeance. À l'école, on m'avait appris que la justice consistait à faire comparaître des individus devant un tribunal afin de leur fournir un procès équitable (et ce-faisant, en leur octroyant plus de droit qu'ils n'en avaient donné à leurs victimes, mais que cela aussi était paraît-il normal). On a dû mal me renseigner.

Que les cowboys là-bas parlent de justice peut se comprendre (c'est culturel, Dead or Alive, tout ça), mais faire cet amalgame de manière très officielle sur un site de la République Française... Monsieur le Président, je n'ai pas voté pour vous (plutôt crever), mais chaque jour vous me donnez un peu plus raison.

Pour finir, un prix spécial au Pentagone qui éprouve le besoin de préciser, après-coup, que la mission du commando n'était pas de tuer Ben Laden, mais bien de le capturer vivant. Seulement voilà, le vilain, il s'est protégé derrière une brave dame-bouclier-humain. Alors, il a bien fallu le descendre (sans doute en tirant du gros calibre à travers ladite brave dame). Enfin, tout fini bien, maintenant, il est mangé par les poissons. Si le scoop était paru le 1er Avril, on y aurait peut-être crû...

Une bien étrange similitude...

Il serait étonnant que même le plus fervent défenseur des Droits de l'Homme aille jusqu'à couler une larme sur la mort de Ben Laden. Cependant, lorsque l'on contemple aujourd'hui la foule américaine en liesse autour de Ground Zero, sautant sur place, chantant et brûlant des portraits de l'ancien chef terroriste, l'on ne peut s'empêcher de se retrouver 10 ans en arrière, un certain 11 Septembre, face à une foule d'islamistes en liesse, sautant sur place, chantant et brûlant des drapeaux américains.

Un parallèle assez effrayant.

Pourtant, la joie des victimes survivantes, de leurs familles, et par delà, de toutes les personnes se sentant de près ou de loin concernée, est bien compréhensible. Un sentiment de soulagement, d'une vengeance enfin accomplie (et non pas justice, distinction qui semble aujourd'hui totalement échapper aux médias comme aux pouvoirs politiques). Une joie qui n'a d'égale que la souffrance et la douleur à laquelle elle fait aujourd'hui écho.

Mais dans ce contexte, n'y a-t-il pas un paradoxe à trouver cette joie si facile à comprendre (à défaut de la partager), et en même temps, à trouver si choquantes ces images de gens qui dansaient sur nos morts il y a 10 ans ? Y a-t-il vraiment une différence ? Nous ne pourrons lever ce paradoxe que lorsque l'Occident aura accepté de faire son auto-critique. Qu'avons-nous bien pû faire pour que le 11 Septembre 2001, autant de gens éprouvent le besoin de célébrer la mort de 3000 personnes ? Les terroristes refuseront la paix tant que nous refuserons de répondre à cette question.

vendredi, mars 11 2011

L'anti-bio tique

À chaque fois que je rentre dans un supermarché et que je constate, non pas l'avalanche de produits issus de l'agriculture biologique, mais la pub qui est faite autour, l'anti-bio que je suis tique. Oui, je suis anti-bio... le "label". N'y a-t-il pas, dans le concept même de "produit bio", une preuve à la fois pathétique et irréfutable que nous marchons sur la tête ?

Étiqueter un produit comme "bio" en y mettant un visuel choc destiné à bien le distinguer du reste, c'est un peu comme faire sonner l'alarme, allumer les gyrophares et crier très fort: ATTENTION À VOUS! CE PRODUIT EST NATUREL! Je ne comprends pas comment les gens peuvent trouver ça normal, sans même parler de "bien". Quand une signalétique est là pour attirer l'attention sur ce qui devrait être une évidence, c'est le début de la fin. Le monde marche à l'envers.

Nous devrions nous indigner de l'existence du label AB.

Je propose d'éradiquer ce label de nos vies. Je propose au contraire de créer le label AS: "produit issu de l'agriculture synthétique". Si tous les produits non bio de nos supermarchés étaient estampillés "AS" avec un belle étiquette rouge vif, alors nous verrions, au sens propre, dans quelle monde nous vivons.

Je propose même d'aller plus loin. Je propose le label "DAUBE" discriminant les produits "Découlant d'une Agronomie Usurpant la Bio-étique Elementaire", avec explications à l'appui. Par exemple, sur un paquet de tranches de Jambons, on pourrait lire "Produit DAUBE issu d'un porc gavé d'hormones de croissance, contenant émulsifiants, conservateurs, édulcorants, anti-oxydants, et un peu de viande". Sur un filet de boeuf, on pourrait lire "Produit DAUBE issu d'un animal même pas tout à fait mort quand on l'a découpé à l'abattoir". Sur une barquette d'escalopes de poulet, on pourrait lire "Produit DAUBE gonflé aux anti-biotiques à cause des infections respiratoires que déclenchent les animaux à force de se chier dessus toute la journée".

Sera-t-il un jour naturel de consommer des produits naturels ? Oui, quand il rentre dans un supermarché, l'anti-bio tique...

mercredi, novembre 24 2010

Only for the pros

Ça, c'est je crois ce que l'on fait de mieux en matière de ciblage marketting:

Professionnel de votre activité, l'une de vos missions est de fournir le meilleur service à vos clients.

Ça pourrait presque servir d'introduction à un discours politique tellement c'est vide de sens. Je vous épargne le reste du spam...

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